La Banque Mondiale appuie une nouvelle fois là où ça fait mal. Après une visite de deux jours au Maroc, Inger Andersen, la vice-présidente de la BM pour la région MENA s’est déclarée sérieusement préoccupée par les chiffres du chômage des jeunes marocains qui ne s’améliorent pas, rapporte l’AFP. Pour rappel, au mois de juin dernier, l’institution bancaire avait publié un rapport dans lequel elle soulignait que 30% des jeunes marocains âgés de 15 à 29 ans étaient au chômage.

Fatalisme des jeunes Marocains

Pour mieux enfoncer le clou, elle a ajouté lors de cette visite qu’en plus de ces chiffres élevés, bon nombre de jeunes marocains étaient découragés et démoralisés par l’idée de trouver un emploi. Ils ont tellement perdu espoir de travailler un jour qu’ils ne font plus les efforts pour tenter de trouver une activité professionnelle. Une caractéristique qui n’est pas seulement propre au Maroc mais qui a été également constatée dans d’autres pays de la région balayés par les protestations du printemps arabe, notamment en Egypte et en Tunisie.

Carburant et produits alimentaires en hausse

Même si les évènements n’ont pas connu la même ampleur au Maroc que dans les autres pays de la région, grâce notamment à l’adoption par le roi Mohammed VI d’une nouvelle constitution et à la présence du PJD au gouvernement après sa victoire lors des élections législatives, la représentante de la BM tire néanmoins la sonnette d’alarme. Elle met en garde le pays sur le fait qu’il existe toujours au royaume des mouvements sporadiques de protestation sociale, notamment provenant de la jeunesse qui en a assez d’être exclu du système d’emploi. La BM achève le Maroc en le mettant face à ces objectifs de croissance en baisse. Le royaume devrait connaitre en 2012 un ralentissement de sa croissance économique passant de 4.9% en 2011 à 3% en 2012 et prévient qu’avec l’augmentation des prix des produits alimentaires et des produits pétroliers, la grogne sociale ne fera que s’amplifier dans les semaines à venir.

De son côté, le ministre de l’Economie et des Finances a repris du poil de la bête après les vacances. Celui-ci démarre sa rentrée politique sur les chapeaux de roue. Ambitieux et se voulant rassurant Nizar Baraka a déclaré mercredi, selon la MAP que sa priorité était de faire diminuer le déficit budgétaire du pays en le faisant passer de 6.1% en 2011 à 5% d’ici la fin de cette année. Soit dans 3 mois.